joi, 31 decembrie 2020

Robert Hossein (1927-2020)

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Robert Hossein (1927-2020)
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DISPARITIONS / SCÈNES / LE MONDE

Robert Hossein, acteur et metteur en scène de la démesure, est mort

Par Brigitte Salino

Publié aujourd’hui à 12h49, mis à jour à 12h58

L’artiste, mort ce jeudi 31 décembre à l’âge de 93 ans, acquiert sa notoriété avec la série des « Angélique, marquise des anges » dans les années 1960. Passionné de scène, il dirige celle de Reims de 1971 à 1976, avant de se lancer dans des superproductions théâtrales qui connaîtront un énorme succès.

Il aimait les loups et se voyait tel un loup dans la steppe, aux aguets, traqué par on ne sait quelle peur, courant toujours, éperdument. Le jeudi 31 décembre 2020, au lendemain de son anniversaire, sa course s’est arrêtée : Robert Hossein est mort à l’hôpital à la suite d’« un problème respiratoire », à 93 ans, a annoncé son épouse, la comédienne Candice Patou. « La seule chose que je laisserai, disait-il, c’est la balafre de Joffrey de Peyrac dans Angélique, marquise des anges. Parfois peut-être une jeune fille viendra poser une rose sur ma tombe, en souvenir. » La balafre, oui, mais aussi la belle gueule cassée, et la voix rocailleuse disant à Michèle Mercier : « Madame, je ne force jamais une biche aux abois. »

En parlant ainsi de lui-même, Robert Hossein se laissait aller à une coquetterie pardonnable. Il savait bien que son rôle d’acteur dans la série triomphale des années 1960 n’effacerait pas tout à fait celui de metteur en scène, et qu’il resterait dans le théâtre comme un créateur de la démesure, inscrit au livre Guiness des records pour des chiffres de fréquentations inégalés : 700 000 spectateurs pour Jésus était son nom, une de ses productions pharaoniques, en 1991.

Générosité

Car Robert Hossein voyait tout en grand. Excessif et impétueux, idéaliste et exaspéré, croyant et blasphématoire, il était « trop », pour employer le langage d’aujourd’hui. Mais on ne pouvait en vouloir à cet homme qui savait se montrer insupportable mais délicieux, et portait haut une grande qualité : Robert Hossein avait la générosité chevillée à l’âme, cette âme slave à laquelle il revenait toujours, dans les conversations.

Il faut dire que ses parents lui ont légué une malle remplie d’imaginaire, de musiques et de saveurs. Son père venait de Samarcande, en Asie centrale, sa mère de Kiev, en Ukraine. Ils se rencontrent à Berlin dans les années 1920, où le père abandonne ses études de médecine pour la musique. La mère, elle, veut être comédienne.

Quand Robert Hossein naît, le 30 décembre 1927, ils vivent à Paris, et tirent le diable par la queue. Un logement au dernier étage, rue de Vaugirard, avec les toilettes quelques étages plus bas. Un fils qu’ils envoient dans des pensions d’où il se fait renvoyer, parce qu’ils ne peuvent pas payer. Robert Hossein arrête l’école après le certificat d’études primaires, et il regrettera toute sa vie de ne pouvoir s’appuyer que sur sa formation d’« autodidacte ».

Heureusement, il y a les cinémas de quartier, où le jeune homme se gave de films, et la rue, les cafés, les rencontres. A la fin de la seconde guerre mondiale, Robert Hossein navigue à Saint-Germain-des-Prés, croise Jean-Paul Sartre, Jean Genet, Boris Vian, cherche à se lancer dans le métier de comédien. Il a suivi des cours chez Simon, qui lui a conseillé d’en donner lui-même à des héritières, pour gagner un peu d’argent, et il commence à obtenir de petits rôles au cinéma, à partir de 1948 (on le voit en silhouette dans Le Diable boiteux, de Sacha Guitry).

La gloire

En 1949, il se fait remarquer avec Les Voyous, une première pièce qu’il écrit et met en scène au Théâtre du Vieux Colombier. A l’écran, il fait son chemin, avec des rôles de plus en plus importants, aux côtés de stars, Brigitte Bardot dans Du rififi chez les hommes, de Jules Dassin (1955) ou Sophia Loren dans Madame Sans-Gêne, de Christian Jaques (1961). En 1964, le voilà star à son tour, avec le premier des cinq films consacrés à « Angélique » par le réalisateur Bernard Borderie, d’après les livres d’Anne et Serge Golon : Angélique marquise des anges, puis Angélique et le roy (1965), Indomptable Angélique et Merveilleuse Angélique (1967), Angélique et le sultan (1968).

« Ce mélodrame où l’érotisme s’interpose à tout moment est à déconseiller », tranche la Centrale catholique à la sortie du premier film. Les spectateurs font fi de l’anathème. Le succès de la jeune et belle Angélique Sancé de Monteloup, cédée par son père vénal à un mari vieux, boiteux et laid, Joffrey de Peyrac, dont au début la simple vue du visage balafré la repousse, ce succès donc s’amplifie à chaque nouvel épisode, et s’amplifiera encore avec les multiples retransmissions à la télévision, au cours des décennies suivantes.

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Pour Robert Hossein comme pour Michèle Mercier, c’est la gloire. Pendant cette période faste, l’acteur réalise ses propres films (il en retenait Toi, le venin et Le Vampire de Düsseldorf), et il tourne beaucoup, avec ses amis Roger Vadim (Le Repos du guerrier, Le Vice et la Vertu…) ou Christian Marquand (Les Grands Chemins), mais aussi avec Marguerite Duras, dans La Musica, en 1967. Sur le plateau, avant le « moteur », ce n’est pas la joie : « Concentrez-vous ! Pour vous, Hossein, ça sera plus long », lance Marguerite Duras, qui dit à son acteur : « Vous êtes un Don Juan de bazar, un Casanova pour midinettes, mais je ferai de vous quelqu’un d’intelligent. » Robert Hossein se rappelait en avoir eu « gros sur la patate », mais il reconnaissait n’avoir jamais eu d’aussi bonnes critiques que pour La Musica.

Et puis, sur le fond, il s’en moquait. Il avait d’autres préoccupations : « Je voulais devenir riche, avoir de belles voitures, voyager à travers le monde et descendre dans les palaces. » Vivre ce qu’il n’avait pas vécu, avoir ce qu’il n’avait pas eu dans l’enfance : Robert Hossein se « vautre », telle est son expression, dans la jet-set. Jusqu’au jour où il en a assez. Son désir d’absolu et son impulsion le poussent ailleurs, loin de Saint-Tropez et de Gstaad où sa place est acquise.

Le théâtre

En 1971, Robert Hossein part diriger une scène publique à Reims. Ses amis n’y croient pas : « A la semaine prochaine », lui disent-ils quand il s’en va. Il reviendra à Paris cinq ans plus tard, après avoir mené une expérience en accord avec sa passion déferlante pour le théâtre, qu’il veut avant tout populaire. Jean Vilar, Roger Planchon ou Patrice Chéreau l’impressionnent, mais Robert Hossein ne se reconnaît pas dans leurs esthétiques. La sienne doit, dit-il, à celle des films de son enfance dans les cinémas de quartier qui sentaient le crésyl. Elle se fonde sur le partage de l’émotion, la simplicité du propos, la force du spectaculaire. Son slogan, à Reims, est explicite : « Du théâtre comme vous n’en voyez qu’au cinéma. »

Dostoïevski (Crime et châtiment), Gorki (Les Bas-Fonds), Shakespeare (Roméo et Juliette) : Robert Hossein donne le ton dès ses premières mises en scène, qui attirent des cars entiers de gens peu ou jamais venus au théâtre. Dans la même journée, certains dimanches, ils visitent la cathédrale et le musée, puis assistent à une représentation. En 1973, ils peuvent voir Isabelle Adjani dans La Maison de Bernarda, de Lorca. Robert Hossein l’avait repérée dans un café proche du Conservatoire, à Paris. Il a convaincu ses parents de la laisser venir à Reims, où pour elle tout a commencé.

Isabelle Adjani n’est pas la seule que Robert Hossein engage : Isabelle Huppert (Pour qui sonne le glas, d’après Hemingway), Anémone (La Prison, d’après Simenon), Jacques Villeret (Les Fourberies de Scapin, de Molière) et Jacques Weber (Crime et châtiment et Les Bas-Fonds) comptent parmi les comédiens dirigés par le metteur en scène, qui ouvre une école et invite des spectacles de Roger Planchon, Marcel Maréchal ou la Comédie-Française.

Incurablement optimiste

Tout cela coûte cher, Robert Hossein ne lésine pas sur les dépenses. Il revendique le luxe : « Je suis né pauvre avec une cervelle de riche », dit-il pour justifier des sommes qu’il juge nécessaires à l’édification d’un théâtre populaire. Mais les pouvoirs publics ne le suivent pas. Faute d’argent, il quitte Reims en 1976.

Découragé, mais incurablement optimiste, Robert Hossein crée sa compagnie, et s’appuie sur des producteurs et des mécènes pour mener ses projets. A lui désormais les grandes salles parisiennes, qu’elles soient à l’italienne ou, ce qu’il préfère, anonymes comme le Palais des sports, où il crée La Prodigieuse Aventure du Cuirassé Potemkine, dès 1975. Ce n’est pas une pièce, mais ce que Robert Hossein lui-même appelle un « grand spectacle ». Soit une superproduction, avec un cuirassé sur l’immense plateau, des voix sonorisées, des comédiens inconnus, peu de texte, des images en technicolor et des musiques expressives, de Chostakovitch à Jean Ferrat.

Pour « Potem », comme l’appelle Hossein, qui coupe tous les mots, Alain Decaux et Georges Soria ont veillé sur la partie historique. Avec André Castelot, ils accompagneront Robert Hossein dans ses plus grandes productions Notre-Dame-de-Paris (1978), Danton et Robespierre (1978), Les Misérables (1980), Un homme nommé Jésus (1983), La Liberté ou la Mort (1988), Je m’appelais Marie-Antoinette (1993), 1940-1945 : de Gaulle, celui qui a dit non (1999).

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Souvent dans les chroniques, ces spectacles sont résumés en chiffres : nombre de comédiens et figurants (en moyenne, pas loin de cent), puissance des projecteurs et de la sonorisation (960 kw et 20 000 watts pour Un homme nommé Jésus), coût du montage (44 millions de francs pour La Liberté ou la Mort), et évidemment, nombre de spectateurs (par centaines de milliers). Ce qui semble avant tout compter, c’est l’exploit. Le « trop » façon Hossein : gigantisme et émotion.

Sur le fond, les avis sont résolument partagés entre ceux qui pensent qu’il y a là du vrai théâtre populaire, et ceux qui, non sans raison, jugent démagogiques les tableaux vivants et l’imagerie de confiserie, les personnages linéaires et les propos simplistes. « Je travaille avec ma mythologie héritée de l’enfance, répond Robert Hossein, et je raconte l’histoire des humiliés, des offensés, des laissés-pour-compte de l’avidité humaine. » Il est vrai que l’homme enrage de ne pouvoir changer le cours du monde : croyant, il vit dans l’espoir de Dieu ; autodidacte, il veut se battre pour la connaissance ; citoyen, il rêve d’être « ministre de la Misère. L’Etat serait ruiné », dit-il, toujours avec son sens épuisant de la nuance, et son regard noir anxieux à la Raskolnikov, un de ses héros.

Dans ces années-là, rien ne semble devoir arrêter la frénésie d’entreprises de Robert-le-loup, comme l’appelait son grand ami Frédéric Dard. L’époque s’y prête : pas de crises majeures, pas encore de report massif de l’attention sur Internet, pas de débats religieux sévères. En 1987, une nouvelle étape est franchie avec L’Affaire du courrier de Lyon : cent spectateurs, les premiers à avoir levé le doigt, forment un jury populaire ; ils prennent place sur le plateau, et, le procès achevé, ils ont dix secondes pour voter en appuyant sur un bouton : vert, c’est l’innocence de Joseph Lesurques ; jaune, la complicité ; rouge, la culpabilité. Grâce à Hewlett-Packard, qui a mis à disposition un dispositif informatique, le vote s’affiche sur des écrans.

La bérézina

Six ans plus tard, il n’y a plus de jurés pour Je m’appelais Marie-Antoinette ; à l’entracte, tous les spectateurs sont invités à voter : liberté, exil, prison ou mort pour la reine. La plupart du temps, ils choisissent l’exil, mais c’est par la scène de la guillotine que s’achève le « show », pour bien montrer la réalité. Robert Hossein reprendra ce procédé en 2010 pour L’Affaire Seznec, un procès impitoyable, et c’est l’innocence qui sera votée.

Mais il ne faut pas croire que Robert Hossein gagne à tous les coups. Quand il met en scène Jules César, en 1985, les spectateurs ne le suivent pas sur le terrain de Shakespeare ; quand, en 1989, il aborde la Résistance, avec Dans la nuit, la liberté, de Frédéric Dard (son indéfectible ami depuis les années 1950, qu’il pleure tous les jours), une partie du public n’a pas envie d’entendre parler de cette période, l’autre pense que les maquisards ne sont pas assez glorifiés.

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Et quand il porte à la scène Angélique marquise des anges, en 1995, c’est la bérézina : un fauteuil sur quatre est vide. Il faut dire que Robert Hossein, à quelques jours de la première, a fait recouvrir de noir tout le décor, et qu’il apparaît en personne en Joffrey de Peyrac tel qu’il est, à 68 ans. Et puis, il y a cet automne-là les attentats et la grande grève. Le siècle tourne, et avec lui les riches heures des superproductions. S’il continue sur sa voie dans les années 2000, avec Jésus, la résurrection (2000), C’était Bonaparte (2002), On achève bien les chevaux (2004), et un gigantesque Ben-Hur avec une course de sept chars tirés par vingt-huit chevaux au Stade de France (2004, 500 figurants, 13 millions d’euros), Robert Hossein n’est plus porté par le vent de l’époque.

L’ayant senti venir, il a bifurqué vers le Théâtre Marigny, à Paris, dont il est devenu directeur artistique, en 2000. L’industriel François Pinault, mécène de nombre de ses spectacles, lui ouvre les portes de la salle des Champs-Elysées, qui appartient à la Mairie de Paris, mais dont il détient la concession. Entièrement rénové, le Marigny devient le « Marigny-Robert Hossein ». Il rouvre en 2000 avec Isabelle Adjani dans La Dame aux camélias, mise en scène par Alfredo Arias.

Comme au Théâtre Mogador, où, au début des années 1980, l’avait invité Fernand Lumbroso, le producteur de ses premiers grands spectacles, Robert Hossein monte des pièces de facture classique. Il revient à ses premières amours (Huis clos de Sartre, et Crime et châtiment, d’après Dostoïevski), et retrouve le plateau où il avait dirigé Jean-Paul Belmondo dans Kean, d’après Dumas, et Cyrano de Bergerac, de Rostand (1987 et 1990).

En 2008, Robert Hossein quitte la direction artistique du Marigny. Il a 80 ans, ses préoccupations le portent plus que jamais vers la foi, comme en témoignent ses deux derniers spectacles : N’ayez pas peur ! Jean Paul II, en 2007 au Palais des sports, et Une femme nommée Marie, créé pour un seul soir d’août de 2011, et joué devant 25 000 spectateurs et 1 500 malades, à Lourdes. Lui qui avait écrit plusieurs livres de souvenirs (La Sentinelle aveugle, La Nostalgie…) signe un dernier ouvrage avec François Vayne, en 2016 : Je crois en l’homme parce que je crois en Dieu (Presses de la Renaissance). Mais le loup de la steppe disait que, « au moment de crever », son dernier mot serait sûrement : « Ah, marquise… » « La Marquise des anges, c’est mon Rosebud. »

Robert Hossein en quelques dates

30 décembre 1927 Naissance à Paris

1964 « Angélique marquise des anges », de Bernard Borderie

1973 Dirige Isabelle Adjani dans « La Maison de Bernarda », à Reims

1987 Met en scène « L’Affaire du courrier de Lyon », au Palais des sports

1990 Dirige Jean-Paul Belmondo dans « Cyrano de Bergerac »

1993 Met en scène « Je m’appelais Marie-Antoinette », au Palais des sports

2020 Mort à 93 ans

Pierre Etaix 2

                                             Pierre Etaix, un Buster Keaton francez










Arte éditions (5 DVD)

L’intégrale Pierre Etaix

L’intégrale Pierre Etaix
1963 : Le soupirant ; 1965 : Yoyo ; 1966 : Tant qu’on a la santé ; 1969 : Le grand amour ; 1971 : Pays de cocagne. Il y a peu, ces cinq jalons de l’histoire d’un certain cinéma français fait de liberté et de poésie, n’étaient que des noms dans les diction­naires ; l’accès aux oeuvres se trouvait barré par de sombres calculs juridiques (le septième art étant « par ailleurs » une industrie). L’édition par Arte de l’oeuvre intégrale de Pierre Etaix est donc un évé­nement majeur. Films restaurés, comme il se doit aujourd’hui ; ce qui est toujours complexe, même sous la supervision de l’auteur. L’essentiel est d’avoir accès, d’un coup, à l’univers d’un auteur d’exception. Un auteur incompris. Car faire d’Etaix un comique est réducteur. Son cinéma, d’une pureté poétique rare, n’a pas pour fonction première de faire rire ; les vrais gags y sont même peu nombreux. Pour Etaix, la poésie est ce qui préserve du réel. La beauté qu’il distille dans ses films uniques est un masque léger posé sur la lourdeur du monde, cette laideur qui a pour nom, selon les circonstances, vul­garité, méchanceté, bêtise. Le miracle est que cette vision noire, phobique, ait produit par contraste un univers d’une telle délicatesse. La carrière d’Etaix a pris fin le jour où il entreprit de voir le monde en face : le film maudit qui en a résulté est le portrait le plus saisissant, le plus cruel qu’on ait fait de notre pays, sous le titre acide de Pays de cocagne ; la France des vacanciers de 1969 est obser­vée avec fascination et horreur. Qui a fait l’expérience de ce documentaire éprouvant comprend que la politesse d’Etaix est celle du désespoir.
Philippe Roger

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Décès de Pierre Étaix

Clown, peintre, affichiste, acteur, auteur et cinéaste, Pierre Étaix était tout cela à la fois. Né en 1928 à Roanne, Pierre Étaix a été l’assistant de Jacques Tati mais aussi son gagman ingénieux et l’auteur de la très belle affiche de Mon oncle. Après un passage par le music-hall et le slapstick, Pierre Étaix réalise son premier court métrage en 1961 co-écrit avec celui qui restera son ami et complice, Jean-Claude Carrière. Ensemble ils écrivent un autre court-métrage qui obtient l’oscar du meilleur court de fiction. Leur collaboration se poursuit et en 1963, Étaix réalise le très poétique Le soupirant couronné du Prix Louis Delluc. Suivent Yoyo, Tant qu’on a la santé, Le grand amour et Le pays de Cocagne.

yoyo-pierre-etaix

Ses films resteront invisibles pendant longtemps suite à une triste querelle juridique sur les droits d’auteur avec son producteur. Il faudra attendre 2010 pour mettre fin à ce procès et pour que ses films soient enfin restaurés et diffusés.

Sa filmographie est mince, six films, mais laisse une empreinte indéniable dans le paysage du cinéma français. En digne héritier de Buster Keaton et de Laurel et Hardy qu’il adorait, Pierre Étaix a créé des films traversés par la poésie, le burlesque, la tendresse et une forme de douce tristesse face à l’absurdité de notre monde. Ses films sont aussi un vibrant hommage au cirque qu’Etaix aimait tant (il suffit de revoir Yoyo pour s’en persuader). Avec sa femme Annie Fratellini, Pierre Étaix fondera d’ailleurs L’école nationale de cirque en 1974 et s’y consacrera toute sa vie.


Pierre Etaix récupère (enfin) cinq de ses films

Posté par vincy, le 30 juin 2009

Première victoire après de nombreuses défaites Le cinéaste Pierre Etaix est devenu ces derniers mois un symbole de la défense du droit d'auteur. Etaix a remporté un Oscar en 1963 avec son court métrage Heureux anniversaire co-signé avec Jean-Claude Carrière et a réalisé cinq longs métrages. Homme de cirque et dessinateur, amateur de burlesque à l'instar de son ami Jerry Lewis, il fut aussi l'assistant-réalisateur de Jacques Tati sur Mon oncle. 

Vendredi 26 juin , le Tribunal de Grande instance de Paris l'a autorisé à recouvrer les droits sur cinq de ses films que lui contestaient depuis 2007 la société Gavroche Productions, qui n'a jamais exploité ses longs-métrages. La décision du tribunal étant exécutoire, les négatifs sont déjà partis aux Archives françaises du film (AFF) pour des vérifications techniques, notamment les éléments sonores.

Flash-back en 2004. Pierre Etaix et le scénariste Jean-Claude Carrière entrent en négociation avec la société Gavroche Productions, en vue de restaurer et d'exploiter quatre films qu'ils avaient co-écrits : Le Soupirant, Yoyo, Tant qu'on a la santé et Le grand amour, en plus d'un autre écrit par Pierre Etaix seul, Le pays de Cocagne. Ils signent un contrat de cession de droits d'auteur, donnant ainsi l'intégralité des droits sur les cinq oeuvres réalisées entre 1963 et 1970. Ce contrat, proposé par l'ancienne avocate du réalisateur, Me Francine Wagner-Edelman, cédait à la société Gavroche Productions, gérée par le producteur Alain Wagner, frère de l'avocate, les droits exclusifs de restauration, de représentation et d'exploitation des cinq longs métrages pour le monde entier. Mais la société de production ne leur avait adressé en retour aucun document d'acceptation. Deux ans et demi plus tard, les auteurs avaient donc fini par considérer que, faute d'engagement ferme de la part du producteur, le contrat était caduc.

Un contrat annulé et 10 000 euros de dommages 

Cependant Gavroche Productions s'est dépêché de contester cette interprétation, et, dès janvier 2007,  elle fait publier le contrat au Registre public de la cinématographie et de l'audiovisuel (RPCA). En réplique messieurs Etaix et Carrière engagent une action en justice en décembre 2007, soutenus par la SACD. Le TGI vient de leur donner raison, "en l'absence de consentements valablement échangés" et a prononcé la "nullité du contrat de cession de droits d'auteur publié au RPCA".

Le tribunal a aussi débouté la société de productions des poursuites de contrefaçon qu'il avait engagées contre la Fondation Groupama GAN pour le cinéma à qui elle reprochait d'avoir fait restaurer les négatifs de Yoyo et présenté le film lors de projections publiques en 2007 (Festival de Cannes, du Festival du cinéma de Paris). Gavroche productions devra d'ailleurs verser 10 000 euros de dommages et intérêts à la Fondation pour procédure abusive.

Pourtant ce même TGI de Paris avait créé la polémique. Le 28 novembre dernier, il avait rejeté vendredi la demande formée par Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière, de "restaurer et d'exploiter non commercialement" ceux-ci. Tout en reconnaissant "l'importance pour le patrimoine cinématographique français des oeuvres en cause", le Tribunal avait estimé qu'un tel argument est "sans portée" sur le contentieux qui oppose les demandeurs à la société Gavroche Productions. En revoyant l'affaire, afin que le dossier soit jugé sur le fonds, il a laissé les milieux culturels s'emparer rapidement du sujet, devenu depuis une affaire politique. "Je me battrai jusqu'à la mort pour qu'aucun autre auteur ne subisse ce que je vis", avait alors affirmé Pierre Etaix, dont le ton inhabituellement tragique contraste avec les oeuvres burlesques.

56 000 signatures pour la pétition 

Car depuis, aucun de  ces cinq films puissent ne peut-être exploité ou restauré. La ministre de la Culture et de la Communication de l'époque, Christine Albanel, a souhaité une "issue rapide" du conflit juridique qui empêche la nouvelle sortie en salles des films de Pierre Etaix et a réaffirmé son "soutien moral" au cinéaste. Elle avait reçu une délégation, conduite par le comédien Jacques Weber et composée de Tom Novembre, Christophe Malavoy, Cabu et Jean-Paul Rappeneau qui lui avait remis une pétition de 56 000 signatures appelant à favoriser la diffusion des films de Pierre Etaix.

Etaix, 80 ans, a très mal vécu cet épisode. Accablé, il spérait que ses oeuvres très estimées soient diffusées de nouveau au plus grand nombre de son vivant. La décision de novembre dernier était pour beaucoup incompréhensible. Le cinéaste avait en plus trouvé un partenaie, la Fondation Thomson, qui s'engageait à restaurer les quatre négatifs à ses frais, et ne demandait ue le droit de sauvegarder son oeuvre. Des distributeurs réputés pour leur travail pour les films de patrimoine, Wild Side et Carlotta, avaient fait des offres fermes pour exploiter ces films et Arte souhaitait les diffuser lors d'une rétrospective. Cette demande pouvait aussi se ressentirsur les marchés internationaux.

Aussi les amis du cinéastes ont-il décidé de jouer l'opinion conte le système. Mise en ligne sur le site internet d'Etaix, une pétition avait recueilli près de 19 000 signatures, dont celles de Woody Allen et David Lynch, en quelques jours, avant de tripler son nombre grâce aux réseaux sociaux et à Internet. Le monde du cinéma belge s'est mobilisé le 18 novembre 2008 lors d'une soirée de soutien organisée au théâtre de la Toison d'or à Bruxelles.

C'est donc la fin d'un imbroglio juridique. Même si Gravroche peut faire appel d'ici un mois, on peut espérer (re)voir les films de Pierre Etaix en version restaurée prochainement. "Ce n'est que justice ! J'espérais ce dénouement heureux, j'ai attendu bien longtemps", a déclaré de son côté à l'AFP Pierre Etaix, vendredi dans la soirée. "Mon souhait est avant tout que mes films ressortent en salles et pour cela qu'ils soient restaurés au plus vite" a-t-il dit, ajoutant : "ce cinéma-là franchit très bien les frontières, car il n'a pas besoin de sous-titres".

http://ecrannoir.fr/blog/blog/2009/06/30/pierre-etaix-recupere-enfin-cinq-de-ses-films/

Pierre Etaix, un papillon s’est envolé

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DISPARITION

Il avait créé une école de cirque, travaillé avec Jacques Tati, réalisé cinq films dont le merveilleux «Yoyo». Cette aimable figure lunaire vient de s’éteindre

Pierre Etaix. Publié vendredi 14 octobre 2016 à 22:22

C’était un papillon posé sur l’échine de ce mastodonte qu’est le cinéma. Pas même: un rayon de lune… Pierre Etaix appartenait à cette classe rare d’artistes susceptibles de transcender la réalité du monde, de distiller la poésie de l’instant, de perpétuer la grâce de l’enfance. Le plus aimable, le plus discret, le plus génial des clowns français vient de s’éteindre dans sa 88e année. C’est au cirque que se dessine sa destinée: «J’ai vu des clowns à 4 ans et demi et j’ai eu envie de faire ce métier. Tout ce que j’ai appris dans la vie n’a eu qu’un seul but: faire rire les autres».

Il apprend à peindre et à dessiner, et aussi à jongler, à jouer du violon et de la mandoline. Jacques Tati l’engage comme gagman pour Mon Oncle. Il dessine des story-boards et illustre la novélisation que son ami Jean-Claude Carrière tire du film. Il épouse la première femme auguste, Annie Fratellini, avec laquelle il fonde en 1973 l’Ecole nationale du cirque, destinée à ceux qui rêvent des métiers du cirque sans être nés dans la sciure.

«Je suis venu au cinéma parce que j’avais fait le clown», expliquait-il. Il signe Le Soupirant (1962), Tant qu’on a la santé (1965), Le grand amour, et Le Pays de Cocagne (1969). Son chef-d’œuvre reste Yoyo, évocation délicate et nostalgique du monde du cirque dans lequel, pour les beaux yeux d’une écuyère, un milliardaire ruiné par le krach, prend la route.

Le goût du burlesque

Au cinéma, Pierre Etaix joue dans Pickpocket de Bresson, Max mon amour d’Oshima, Le Havre, d’Aki Kaurismäki… Il incarne un clochard au sang bleu dans Chant d’hiver d’Otar Iosseliani (2015). Il tient son rôle dans Les Clowns de Fellini. Le courant passe mal entre les deux hommes: le Maestro tient le clown pour un imbécile ou un ivrogne, quand Etaix voit en lui un enfant éternel. Il a aussi écrit une pièce de théâtre (L’âge de monsieur est avancé, hommage à Sacha Guitry), publié de nombreux livres illustrés…

                                               Pierre Étaix

Films notables  / Le Soupirant 1962  / Yoyo 1965 /  Le grand Amour 1969.

Pierre Étaix, né le 23 novembre 1928 à Roanne (Loire) et mort le 13 octobre 20161 à Paris2, est un cinéaste, acteur, clown, dessinateur, affichiste, magicien et dramaturge français.

Biographie

Pierre Étaix est le fils d'Édmond Étaix (1904-1964), négociant en cuirs et de Berthe Tacher (1907-1987)3,4.

Auteur, cinéaste, clown, dessinateur, affichiste, dramaturge, magicien, musicien et gagman, Pierre Étaix construit sa carrière essentiellement autour du comique et des arts du cirque. Sa maîtrise de l'image, du son et du comique dans chacun de ses films, où les gags évoluent sans cesse, font de Pierre Étaix l'unique représentant du slapstick en France, comme Jerry Lewis, l'un des derniers représentants aux États-Unis.

Dessinateur et graphiste de formation, initié à l’art du vitrail par le maître Théo Hanssen, il s’établit à Paris où il vit d'illustrations tout en se produisant dans les cabarets et music-halls, tels Le Cheval d'Or, Les Trois Baudets, l'ABC, l'Alhambra, Bobino et l'Olympia, ainsi qu'au cirque avec le clown Nino.

Il rencontre Jacques Tati en 1954 pour lequel il travaille comme dessinateur et gagman à la préparation de son film Mon oncle, puis comme assistant réalisateur sur le tournage en 1958. Il réalise l'affiche du film, ainsi que celle de la ressortie des Vacances de Monsieur Hulot. Il se produit avec son numéro de music-hall, en 1960, dans le spectacle de Jacques Tati : Jour de fête à l'Olympia. Pierre Étaix s'inscrit dans le prolongement des grands maîtres du slapstick (cinéma comique du temps du muet) tels Buster Keaton, Harold Lloyd, Harry Langdon, Max Linder, Charlie Chaplin et Laurel et Hardy qu'il admire sans limite et auxquels il a rendu graphiquement de nombreux hommages.

Son apprentissage avec Jacques Tati de la construction comique proprement cinématographique le conduit assez naturellement à la réalisation de son premier court métrage Rupture, qu’il cosigne avec Jean-Claude Carrière. Au lendemain du tournage du film, Pierre Étaix présente à son producteur l'idée de son deuxième court métrage Heureux anniversaire, également cosigné avec Jean-Claude Carrière. Le film obtient, entre autres, l'Oscar du meilleur court métrage de fiction à Hollywood (Oscars 1963).

Il réalise son premier long métrage Le Soupirant en 1963, puis Yoyo en 1964, où il rend un vibrant hommage au monde du cirque qui le fascine depuis toujours. Il réalise ensuite deux autres longs métrages Tant qu'on a la santé (1965), Le Grand Amour (1968), tous co-écrits avec son ami, complice et partenaire le scénariste Jean-Claude Carrière5,6.

Durant l’été 1969, il réalise Pays de cocagne en 16 mm, film pour lequel il est honni par une grande part de la critique qui ne lui pardonne pas son triste constat de l'épanouissement de la société de consommation, au lendemain de mai 68, dans lequel il fait à la fois preuve d'une ironie mordante7 et de tendresse à l'égard des personnes qu'il filme à l'occasion de la tournée du Podium d'Europe N°1 lors du Tour de France (cyclisme). Dès lors, il subit une longue traversée du désert cinématographique8.

Devant la raréfaction des artistes de cirque français, Pierre Étaix prend la décision de fonder l’École nationale de cirque en 1973, avec Annie Fratellini (qu'il a épousée en 1969) et se produit durant les tournées de leur propre cirque. Il prend alors le rôle du clown blanc avec elle, après avoir longtemps joué l'Auguste (Yoyo).

Les sujets de films qui lui tiennent à cœur - quatre scénarios qu'il a écrits entre 1974 et 1986 : B.A.B.E.L, Aimez-vous les uns les autres ?, Nom de Dieu et Fôst -, ne verront jamais le jour. Le projet du film B.A.B.E.L est refusé par un grand nombre de producteurs sollicités. Le coût du film et la désaffection du public pour Jerry Lewis - son ami et frère de cœur - 9 qui devait jouer dans le film, sont les arguments invoqués par les producteurs et distributeurs qui ne pensent tirer aucun bénéfice d'une telle association. Malgré l’impossibilité de faire aboutir ses projets, il ne cesse de travailler.

En 1985, il signe sa première pièce de théâtre L'âge de monsieur est avancé, hommage à Sacha Guitry et à l'art du théâtre. On lui refuse cependant la mise en scène, que l’on confie à Jean Poiret. Devant le succès de la pièce, on lui demande l’adaptation télévisuelle en 1987. Il réalise le film et interprète le rôle principal avec pour partenaires Nicole Calfan et Jean Carmet. L'année suivante il répond à une commande de La Sept pour une soirée thématique sur Georges Méliès et réalise le court métrage en images de synthèse Méliès 88 : rêve d'artiste interprété par Christophe Malavoy, ainsi que le feuilleton Rapt de la série télévisée Souris noire qui obtient le FIPA d'argent.

En 1986, il propose à Coluche le rôle principal de son projet cinématographique Aimez-vous les uns les autres ? qui accepte aussitôt. Mais avec la disparition brutale de Coluche qui l'affecte douloureusement, il décide de tirer un trait définitif sur ce film alors en préparation.

En 1989, il se voit confier la réalisation du premier film de fiction en format omnimax, J'écris dans l'espace pour La Géode en 1989 ; commande qui lui est faite pour les célébrations du bicentenaire de la Révolution, autour d’un sujet imposé sur l'invention du télégraphe, dont il écrit le scénario avec Jean-Claude Carrière. Son intérêt pour le procédé - réservé jusque-là aux documentaires animaliers ou paysagers et à l'incontournable circuit des montagnes russes foraines - est motivé par cette nouvelle forme d'expression différant nettement du processus classique du cinéma, par le rapport qui est instauré entre le spectateur et l'image projetée. C’est avec ce dernier film que s'arrête la carrière cinématographique de Pierre Étaix.

Durant les années qui suivent, il réalise des affiches et des séries de dessins de commande pour diverses éditions.

En octobre 2009, c'est la consécration : le Festival Lumière à Lyon, qui s'est donné pour objectif principal la restauration de films ainsi que leur projection le temps du festival dans tout le Grand Lyon, crée une rétrospective Vive Pierre Étaix !.

En janvier 2010, il remonte sur les planches, avec son nouveau spectacle de music-hall Miousik Papillon, où, alliant musique et slapstick, il réapparaît sous les traits de Yoyo, à Bordeaux d'abord, puis à Lausanne et en tournée en France10.

En juin 2011, la revue GRUPPEN consacre une trentaine de pages à la publication d'une entrevue au cours de laquelle Pierre Étaix revient sur son parcours de clown et de cinéaste, et révèle l'envie intacte qui est la sienne de poursuivre son œuvre.

Le 16 novembre 2011, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui rend hommage à Los Angeles, lors de la soirée Pierre Étaix : The Laughter Returns.

Le 29 janvier 2012, il reçoit, à l'issue du Slapstick Festival, le prix Aardman / Slapstick à Bristol, prix décerné chaque année pour « excellence exceptionnelle dans le domaine de la comédie visuelle ».

En octobre 2012, il reçoit le prix Jean-Mitry au Festival de Pordenone (Italie) et présente en novembre à New York la ressortie de l'intégrale de ses films au Film Forum qui reçoit un véritable succès auprès de la presse et du public. Ses films ressortent en salles aux États-Unis et au Canada et sont diffusés sur la chaîne Movie Classic. C'est la société américaine The Criterion Collection qui prend en charge la distribution de ses films en coffret DVD et Blu-ray pour les États-Unis ; elle prévoit de sortir un coffret de huit films (cinq longs métrages et trois courts métrages) en avril 2013.

Depuis la fin novembre 2012, il revient en piste sous le chapiteau du cirque Joseph Bouglione à Chatou, sous les traits de son personnage légendaire de Yoyo, pour faire-valoir Pieric, son ancien élève de l'école.

En janvier 2013, Pierre Étaix est promu au grade de commandeur de l'ordre des Arts et Lettres, qu'il n'ira pas chercher11,12 et en juin, il reçoit le Grand Prix de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) qui le récompense pour l'ensemble de sa carrière.

Fin septembre 2014, il remonte sur les planches pour un spectacle unique au théâtre Berthelot de Montreuil, aux côtés de Michel Fau, Nicole Calfan, le magicien Pierre Switon, les clowns Housch-Ma-Housch et Pieric.

Il reçoit en mars 2015 un trophée d'honneur pour l'ensemble de sa carrière lors de la cérémonie du 10e anniversaire des Prix Henri-Langlois et Rencontres internationales du cinéma de patrimoine.

Son parcours est retracé sous forme d'abécédaire dans C'est ça, Pierre Étaix (Arte éditions / éditions Séguier)13, coécrit par sa troisième épouse Odile et son fils, Marc Étaix.

Il meurt des suites d'une infection intestinale le 14 octobre 2016 à Paris à l'âge de 87 ans14,15,16.

Les obsèques de Pierre Étaix ont eu lieu le 19 octobre 2016 en l'église Saint-Roch de Paris en présence notamment de Costa-Gavras, Jean-Paul Rappeneau, Mathilda May, Zinedine Soualem, Nicole Calfan, Christophe Malavoy, Hervé Vilard, Bernard Bilis, Gérard Majax, Pierre Triboulet, Jean-Claude Carrière et Serge Toubiana17.

Cession de droits
L'ensemble des films de Pierre Étaix a fait l'objet d'un litige concernant leur exploitation. Toutefois, la Fondation Gan pour le cinéma restaure en 2007 Yoyo et le présente au Festival de Cannes dans la sélection Cannes Classiques.

Certains grands noms du septième art, tels que Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Jeunet, Woody Allen et David Lynch se mobilisent en manifestant leur mécontentement. Un mouvement de soutien via une pétition en ligne circule alors sur l'internet.

En juin 2009, le tribunal de grande instance de Paris donne raison à Pierre Étaix et lui rend ses droits sur ces films, mettant un terme à un contentieux de cinq ans18,19. Gavroche Productions (la société qui estime détenir les droits des films de Pierre Étaix) décide de faire appel de la décision de justice, mais la cour d'appel confirme en 2010 le jugement de première instance. L'intégrale restaurée de l’œuvre de Pierre Étaix est à nouveau visible à partir de cette date.

Filmographie
Réalisateur
Longs métrages
1962 : Le Soupirant
1965 : Yoyo
1966 : Tant qu'on a la santé (version originale composée de 4 courts métrages: Tant qu'on a la santé, Nous n'irons plus au bois, Le Cinématographe et En pleine forme)
1969 : Le Grand Amour
1971 : Pays de cocagne
1971 : Tant qu'on a la santé (version au montage remanié, supprimant En pleine forme et le remplaçant par Insomnie)
1987 : L'Âge de monsieur est avancé
1989 : J'écris dans l'espace
Courts métrages
1961 : Rupture
1962 : Heureux Anniversaire
1963 : Insomnie
1987 : Souris noire : épisode Le Rapt (série télévisée)
1988 : Méliès 88 : rêve d'artiste (téléfilm)
2010 : En pleine forme: (tourné en 1966, figure à l'origine dans le montage initial de la version de Tant qu'on a la santé distribuée en 1966)
(w.fr.)
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CABARET – Bob Fosse (1972)